You are here : Home page Author My fameIn the press
Data in this website are available under a Creative Commons contract. Creative Commons License
The translation of my website is still not completely available, even if you will find the main articles in English. This will come soon. Thank you for your understanding.
42 visitors now
La Croix
Les risques du métier
Propos recueilli par Jean-Marie SAFRA
Tuesday 11 January 1994

La blessure est-elle normale chez un athlète de haut niveau?

Claire Carrier (1) : Tout à fait. Elle est le reflet d’un effort extrême qui a basculé dans l’excès. L’intégration de la blessure est différente quand elle veut dire que l’on a été trop loin dans l’extrême et donc qu’on a bas- culé dans l’excès. Ou quand elle témoigne d’une peur d’atteindre l’extrême. Ce qui nous ramène à la problématique de l’angoisse de mort. Car la mort est notre seule certitude et, en même temps, la seule inconnue - qu’est ce qui est derrière et que va-t-on affronter? - dans un excès de vie. De la même manière que la performance est un extrême de vie et donc une inconnue. Parce qu’on ne peut rien ra ­conter, à l’avance, dé son propre record.

Comment l’athlète de haut niveau réagit-il devant la blessure?

II a plus de mal à accepter la blessure qui témoigne d’une résistance à l’éclatement de la performance. Voyez le jargon des sportifs. Lorsqu’ils réussissent, ils se sont « éclatés ». Lorsqu’ils se sont ratés, ils se sont « répandus »AI est important de dire que l’éclatement de la performance sportive est contenu dans le geste sportif. Si l’on va trop loin, on se « répand » et la blessure se produit. Mais le pire, c’est la blessure provoquée par un tiers. C’est le cas de Monica Seles et de la patineuse Nancy Kerrigan qui peuvent en avoir, psychologiquement, plus de difficultés pour revenir à leur meilleur niveau ou, à l’inverse, d’excitation dans la perspective de se venger.

L’athlète de haut niveau a-t-il un comportement différent en fonction du nombre de blessures qu’il a subies?

La première blessure est fondamentale. Car c’est le moment où il éprouve sa limite corporelle. Il faut alors être attentif à lui montrer que le reste du chemin lui est ouvert. À partir de là, il revient généralement à son meilleur niveau. Vous savez : on connaît souvent les athlètes autant pour leurs cicatrices que pour leurs médailles.

Recueilli par Jean-Marie SAFRA

(1) Médecin du sport docteur en psychologie du sport, à l’Insep.

 

Reply to this article
Cet article est lié aux thèmes suivants :