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Journal du Dimanche
Un sportif à part
dimanche 24 novembre 1991
QUATRE APPROCHES différentes et médicales sur la performance de Daboville. Que le JDD a recueillies et qui prouvent, s’il en était besoin, que d’Aboville est un sportif « à part ».

Gérard Portes, médecin-chef du Tour de France : « Comparer ce qu’il a réalisé - c’est fantastique - avec un exploit purement sportif est très difficile Même par rapport au cyclisme considéré comme l’un des sports les plus durs. D’Aboville n’avait pas de chrono ni de ligne d’arrivée à franchir dans un laps de temps ou un endroit déterminés. L’intensité de son effort n’a pas subi ce genre de contrainte. En revanche, ce qu’il a dû endurer physiquement (eau, humidité, ampoules aux mains) etc. psychiquement (solitude, obligation de continuer, peur) est digne d’un énorme coup de chapeau. Il a su adapter son corps et sa tête à des exigences qui placent sa traversée dans la catégorie des grands exploits de ce siècle.

Claire Carrier , psychiatre- psychanalyste, médecin du sport : « Dans la culture judéo chrétienne, l’eau est un milieu ambivalent, support des pulsions de vie et de mort. Cet exploit réalisé sans aucune technicité, symboliquement cela revient à se bagarrer contre l’évidence de la mort. En réussissant, D’Aboville a renforcé le sentiment de sa toute puissance posée au départ. L’excitation a envahi tout le reste : avoir trop faim, trop froid, trop sommeil... Va-t-il se faire à une excitation plus diluée ?"

Françoise Champignoux, psychothérapeute-psychologue du sport : "Je pense qu’il a pu développer son être par l’acceptation de la souffrance. Son entreprise relève du désir de toute-puissance. Il se rêve maître et possesseur de la nature. Nous sommes entrés dans l’ère du mythe et du héros. Il ne s’agit plus de faire mieux, mais de faire autrement. Quand il a traversé l’Atlantique, d’Aboville avait dit que c’était un entraînement. On avait l’impression qu’il s’entraînait dans une vie pour en vivre une autre."

Pierre Dessuant, psychiatre : "Il doit y avoir chez d’Aboville une jubilation que je comparerais psychanalytiquement à la sensation de faire ses premiers pas.

"Il m’a également étonné par sa fantastique solidité narcissique. Son exploit ne relève pas de la folie ou de l’inconscience. Il est parti en se disant qu’il réussirait. Sans le connaître personnellement, je pense que son entourage affectif et, plus particulièrement sa mère ont du lui donner cette confiance.

 

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